
Un adolescent achète un ordinateur d’occasion en panne, voilà une intrigue des plus quelconques. Sauf que quand l’épave technologique se révèle posséder des facultés disons hors normes, on peut du coup légitimement penser que l’on ne va pas s’ennuyer à la lecture de cette aventure, non ? Ce qui est sûr c’est que vous ne regarderez plus votre ordinateur de la même manière, vraiment plus.
Chapitre 6.
Perdus…chez Nous.
La situation avait pris un tournant pour le moins surprenant.
Nous qui ne savions vraiment pas à quoi nous attendre à la fin de ce décompte, la surprise fut totale !
Ce qui était par contre incroyable, c’est que nous ne ressentions pas d’inquiétude particulière. Je ne pouvais m’empêcher de penser que toute personne normalement constituée aurait été pour le moins en panique…mais pas Nous.
J’avais tout de même un peu de mal à réaliser ce que je venais d’affirmer à Emma, c’était tout bonnement impossible…
Le fait que nous ne pouvions nier cette réalité, aussi déstabilisante soit-elle, perturbait le cartésien que j’étais.
C’est un fait : nous étions perdus dans un quartier qui nous avait pourtant vus grandir depuis l’âge de 7 ans !
C’est mon binôme qui retrouva la parole en premier après un interminable silence :
- C’est flippant ce qui nous arrive. Allons vite chez moi, je veux en avoir le cœur net, j’ai soudainement un doute…
J’avais tout de suite compris ce à quoi elle pensait, et c’était logique en même temps. Si on ne reconnaissait plus nos lieux de vie, si on avait perdu nos points de repères, nos habitats existaient-il toujours ?
Le suspense ne dura pas longtemps, et comme on pouvait s’y attendre, une autre famille vivait manifestement à cette adresse !
Un simple regard sur la boîte aux lettres et la constatation de certains changements – les rideaux de la cuisine n’étaient plus de la même couleur, des pots de fleurs étaient apparus sur le balcon – nous avaient convaincus.
Il était donc inutile de déranger l’habitant pour vérifier, d’autant plus qu’il était un peu plus de quatre heures du matin tout de même.
Nous nous sommes alors logiquement rendus chez moi, et là, encore une surprise…Pas de maison pour ma part, un joli terrain vague nous faisait face !
Je me mis à réfléchir à voix haute, je ne sais pas pourquoi cette attitude me détendait toujours :
- Il est clair que pour l’instant on n’a pas le début d’une explication. Il ne nous reste pas beaucoup d’options. Il faut que l’on aille vérifier ce qu’il en est pour le magasin qui nous a vendu le portable et aussi faire un tour au 88 rue de l’avenir. Moi, cela me semble logique. Qu’en penses-tu ?
L’intéressée, qui se voulait positive, répondit sereinement :
- Bon, si on avait voulu nous faire du mal, ce serait fait depuis longtemps. Notre présence ici doit bien avoir une raison d’être, je ne vois pas l’intérêt de nous faire tourner en bourrique uniquement pour le fun. Rendons-nous au magasin, je suis curieuse de voir par quel vendeur nous allons être accueillis cette fois-ci.
Elle avait terminé sa phase avec un petit sourire. Oui, cela aurait pu paraître complètement dingue à des personnes extérieures, mais pas à moi. L’Emma que je connaissais avait toujours eu la tête sur les épaules, je la reconnaissais bien là.
La bonne nouvelle est que le tramway existait toujours dans ce ‘ monde ’, bien pratique pour des passagers qui enchaînaient les nuits blanches.
Nous étions parés à toutes éventuelles nouvelles surprises et lorsque nous sommes arrivés à l’adresse du commerçant, c’est avec un fou-rire nerveux que nous avons constaté qu’il avait été remplacé par une…Pizzeria.
Je me suis alors surpris à penser qu’au moins je ne mourrai pas de faim, l'estomac sur patte que j'étais était décidément pragmatique en toute circonstance.
J’annonçais donc à ma coéquipière la suite logique des événements :
- Bon, ben on va aller voir le grincheux, j’espère que sa maison et lui seront là !
Emma me répondit avec ce même ton serein qu’elle avait conservé :
- J’y croyais pas trop de toute façon. Même si le magasin avait été là, avec ou sans le bon interlocuteur, on n’aurait sûrement pas appris grand-chose. Yoda devrait nous éclairer.
Je ne saurais pas dire ce qui m’épatait le plus, son attitude calme ou son optimisme débordant. On se demande parfois comment réagiraient nos amis dans de pénibles circonstances, mon Emma m’avait conforté dans ce que je pensais d’elle.
Toujours est-il que je ne sais pas si c’était par mimétisme, mais c’était avec un timide – mais vrai sourire – que je lui annonçai :
- Ouais, il doit être sûrement là, cela n’aurait pas de sens de nous laisser errer sans raison. Je suis sûr que le petit mot sur le parchemin venait de lui. Il voulait que l’on soit ensemble cette nuit devant l’ordinateur, ça ne fait aucun doute !
Je fis une pause afin d’accentuer mon effet et conclus avec un plaisir que j’avais beaucoup de peine à contenir :
- Et puis, réveiller un petit vieux à cinq heures du matin, c’est kiffant, non ?
La discussion s’interrompit tout naturellement là, le tramway semblait nous attendre en ce début de matinée qui s’annonçait radieuse.
La rame était déserte, ce qui n’était pas étonnant vu l’heure. Je dois reconnaître qu’une appréhension commençait à monter en moi. Je me demandais ce qui nous arriverait si Yoda n’était pas au rendez-vous. Je me gardai bien d’en faire part à ma compagne de galère.
La rue de l’Avenir semblait être en tout point identique à celle que nous connaissions, un bon point. C’est avec un suspense digne d’un film hollywoodien que nous commençâmes à la remonter fébrilement.
24, 26, 28…J’avais les mains moites, Emma restait silencieuse et concentrée, 56,58,60…On allait bientôt être fixés…82, 84, 86…88 !
Bon, je vous le dis tout net, si je n’avais pas eu autant peur du ridicule, j’aurais entamé une danse de la joie devant LA fameuse porte moyenâgeuse !
Oui, ELLE était bien là, j’avais presque envie de l’embrasser !
Emma arborait un sourire victorieux, la chance était en train de tourner en notre faveur.
Je ne m’embarrassai pas de politesse vu l’interlocuteur pour le moins particulier que nous venions revoir. Je frappai donc avec insistance sur la lourde et épaisse porte.
Nous n’avions plus qu’à attendre, j’en étais sûr, elle allait s’ouvrir, il ne pouvait pas en être autrement…et c’est ce qui se produisit.
Elle émit l’habituel grincement, et tout comme la première fois nous ne pouvions distinguer une quelconque présence humaine.
La pièce était rigoureusement identique à celle que nous avions aperçue lors de la première visite, un autre bon point.
J’entamai donc la conversation avec notre inconnu, tout en me demandant s’il était bien là :
- Bonjour monsieur, nous aimerions savoir ce qui se passe. Nos parents n’habitent plus à leurs adresses respectives, le magasin qui nous a vendu l’ordinateur n’existe plus. Nous sommes déboussolés.
Pas de réponse, la pièce conserva un silence pour le moins glaçant.
Emma, qui était naturellement plus diplomate, tenta une approche différente :
- Bonjour monsieur, il est évident que vous avez souhaité ma présence au côté de Tony. Nous nous posons beaucoup de questions, vous êtes probablement le seul à pouvoir y répondre.
Toujours pas de réponse, la situation s’enlisait.
À court d’idée et en désespoir de cause, je tentai alors un coup de bluff tout en faisant demi-tour, suivi par Emma qui adopta naturellement la même stratégie :
- Bon, manifestement notre présence n’est pas souhaitée. Je vous dis à un de ces jours !
La voix toujours aussi horripilante se manifesta enfin :
- Les bonnes questions vous ne posez pas. La jeunesse n’est pas si sémillante que cela décidément.
Je décidais de ne pas tenir compte de ce que je considérai comme un manque de politesse. D’abord parce que l’on n’attaque pas ce qui semblait être un petit vieux, et ensuite parce que nous avions désespérément besoin de notre dernier et seul interlocuteur dans ce ‘ monde ’.
Je tentai donc une autre question plus précise, observé par une Emma interrogative :
- Nous étions hier dans notre ville avec nos familles et tout allait pour le mieux. Mais depuis cette nuit nous ne la reconnaissons plus. Elle est très ressemblante, mais avec certaines différences pour le moins inquiétantes. Alors nous vous le demandons, qu’attendez-vous de nous ?
La réponse fusa instantanément :
- LA bonne question tu as enfin posée. La réponse est simple en vérité.
Yoda marqua une pose impromptue et repris son monologue…mais avec une voix tout à coup très jeune et sans le parler si énigmatique :
- Vous avez tout compris, mais cela ne m’étonne pas en vérité. Vous vous trouvez effectivement dans un univers parallèle où cette ville n’est pas tout à fait identique à celle que vous connaissez. Et c’est justement pour cela que j’ai besoin de votre aide, j’ai une mission capitale à vous confier. Vous êtes libres de l’accepter ou non, je vais vous laisser décider. Mais je tiens à être clair : vous êtes les seuls qui seraient à même de la mener à bien.
Je regardais alors Emma qui semblait aussi sonnée que moi par ces révélations. Nous n’étions décidément pas au bout de nos surprises…
Chapitre 7 : La Mission.
Les autres chapitres de Ctrl Alt Suppr sont accessibles ici.
***
Pour terminer, je voulais vous informer que j'ai publié un livre en version Kindle il y a quelques années, et qu'il est désormais disponible en version papier depuis quelques jours.
Le résumé :
Lors d'une anomalie météo, deux adolescents, Emma et Bruno, se retrouvent projetés dans une contrée inconnue. C'est le début d'un long voyage agrémenté de nombreuses surprises. Ils feront des rencontres marquantes et leur tentative de retrouver le chemin du retour ne sera pas chose facile. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne seront plus jamais les mêmes après cette expérience.
Si vous aimez CTRL ALT SUPPR vous ne serez pas surpris par les nombreuses similitudes volontaires.
Je précise qu'il n'y a aucun lien entre les deux histoires.
C'est un petit livre de 52 pages seulement d'où son prix serré.
- Vous pouvez cliquer sur la capture pour vous rendre sur le site d'Amazon. Merci de me faire un retour d'expérience si vous deviez l'acheter.
À bientôt !
Christophe.






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