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Au-delà : le premier chapitre d'un roman que je poursuivrai peut-être.

Au-delà : le premier chapitre d'un roman

Vous le savez désormais, j'aime écrire. CTRL ALT SUPPR vous ayant plu, je me suis dit que je pouvais peut-être vous présenter/proposer autre chose…

Non, on ne parlera pas d'informatique dans ce roman, j'espère que vous ne serez pas déçus. ;-)

Je profite donc du fait que vous avez déjà découvert l'une de mes histoires pour vous en proposer une nouvelle dans un tout autre domaine et qui s'appelle Au-delà.

Je vous le dis tout de suite, il n'existe que quelques chapitres et je ne sais pas si je vais le poursuivre.

Oui, pour la petite histoire j'ai commencé à écrire Au-delà en 2012, puis j'ai arrêté, encore blessé par mes démêlés avec mon éditeur.

Je m'y suis replongé en 2015, j'avais déjà alors pensé à vous en parler, mais le fait que l'histoire était sans rapport avec l'univers informatique m'y avait fait renoncer.

Et puis il y a eu CTRL ALT SUPPR entre-temps, et surtout votre accueil sympathique. :good:  

 

J'ai donc repris confiance en moi et j'ai décidé de vous proposer ce premier chapitre que j'ai réécrit, comme cela, sans même vous donner un résumé. bg

Là, cela va être simple, soit cette entrée en matière vous laisse de marbre et Au-delà repartira dans un tiroir, soit vous manifestez de l'intérêt et je vous proposerai quelques chapitres supplémentaires et qui sait peut-être la publication au final d'un livre complet.

Vous l'avez compris, rien n'est acté au moment où j'écris ces lignes, c'est à vous de décider:yes:

Au-delà : le premier chapitre d'un roman

Chapitre 1. Introduction.

 

L'ascenseur montait péniblement vers le quatrième étage, non sans émettre un grincement peu rassurant. Je me demandais ce que j’allais bien pouvoir lui dire.

Claire n'était pas du genre commode. Nous avions le même âge ‑17 ans – approchions du mètre quatre-vingt, mais n’avions pas le même caractère, vraiment pas. Cette jolie rousse aux cheveux très (trop?) longs, autoritaire et directive en toutes circonstances, avait toujours été une amie bien encombrante.

Son franc-parler n'était pas du goût de tout le monde et en particulier de son entourage proche. Mais je ne savais pas vraiment pourquoi, une amitié amoureuse peut être, j’aimais sa compagnie.

Cela faisait deux ans déjà que je la connaissais, le temps était passé si vite. Je longeais maintenant un long couloir lugubre et mal éclairé. J’étais à la recherche de la chambre 225.

Je ne savais pas vraiment de quoi il retournait et cela avait le don de me stresser. Un coup de fil bref et directif de sa mère, c’était décidément de famille, m’avait annoncé que mon amie était hospitalisée à Saint Anne, rien de plus.

Cette fin d'après-midi ne s'annonçait donc pas sous les plus beaux auspices. J’approchai maintenant de mon but – je venais de passer devant la 224 – et je me demandais pourquoi elle ne m'avait pas appelé elle-même, ce n'était vraiment pas dans ses habitudes de déléguer.

- Ah oui, cher lecteur, je me rends compte que je ne me suis pas présenté, je suis impardonnable : je m’appelle Nicolas, j’ai les cheveux châtains et les yeux marron…Ça c’est fait.

- Je vais vous raconter une histoire incroyable, tellement incroyable que j’ai moi-même du mal à réaliser que ce que j’écris est vraiment arrivé. Après, c’est vous qui verrez, vous n’êtes pas obligé de me croire…

Je ne savais pas si cela provenait de l'endroit, de l'ambiance blouse blanche ou des parfums peu subtils qui flottaient dans l'air, mais je me sentais de plus en plus mal, au propre comme au figuré. J’arrivai enfin devant la porte recherchée. J’eus un moment d'hésitation, je ne sus pas vraiment pourquoi. Je redoutais les événements à venir. Une intuition ? Allez savoir…Je me décidai à frapper trois coups brefs.

Mais, à ma grande surprise, je n'eus pas de réponse. Que faire ? Peut-être se repose-t-elle ? Et réveiller mademoiselle équivalait à sortir de son sommeil un dragon, j’en avais déjà fait l'amère expérience. Je me préparais à rebrousser chemin sagement, quand une voix masculine et familière me chuchota :

  • Entre Nicolas, ne te gêne surtout pas. D'ailleurs elle t'a demandé tu sais.

J’étais très surpris. Le père de Claire s'exprimait habituellement plutôt dans les tonalités de sa fille unique, c'est dire.

Mais là, pour la première fois, j’aperçus un homme vulnérable, c'était le mot juste. Il avait perdu de sa superbe, de cette arrogance insupportable que l'on croise parfois et contre laquelle on ne peut grand-chose.

  • Bonjour monsieur Tali, votre femme ne m'a pas vraiment dit ce qui se passait. Qu'est-il arrivé à Claire ? demandai-je subitement inquiet.
  • Elle a eu un malaise dans la rue ce matin. Elle s'est réveillée dans l'ambulance brièvement et elle n'a prononcé qu'un seul mot : ton prénom…et depuis plus rien.
  • Euh, plus rien, dites-vous ? Vous m’inquiétez, terminai-je anxieux.
  • Elle est dans le coma. Les médecins ne savent pas vraiment ce qu'elle a pour l'instant. Elle est a priori en excellente santé, mais elle ne se réveille pas. Ils ont l'air tous déroutés ici. Ils disent que normalement, vu son état général, aucune blessure, aucun trouble d'aucune sorte, elle devrait être éveillée et en pleine possession de ses moyens. Un médecin de Paris va venir demain matin. Un grand spécialiste à ce qu'il parait, car ils n'ont jamais rencontré ce type de pathologie ici.

L'homme s'arrêta subitement de parler, comme s'il se rendait compte tout à coup de l'impolitesse de son bavardage interminable. J’étais maintenant totalement abattu et n'avais plus envie de parler, vraiment plus. Je venais de réaliser la gravité de la situation et par-delà même la détresse de sa famille.

Monsieur Tali était parti sans un mot, discrètement, ce qui n'était pas, là encore, dans ses habitudes. Je me décidai à ouvrir la porte, délicatement, comme quelqu’un qui aurait eu peur de la réveille ; je sais c’est bête…

Comme quoi on agit parfois de façon inédite dans des situations inédites. La pièce qui était plongée dans une semi-obscurité renforçait mon sentiment d’oppression.

Claire semblait dormir paisiblement, rien ne pouvait laisser deviner la gravité de son état. Je m'assis sur l'unique chaise à côté du lit et me plongeai dans mes pensées. Je ne savais pas quoi faire et pour tout dire, je me demandais ce que je pouvais faire pour l'aider.

C'était mon amie, ma meilleure amie, ma seule vraie amie pour tout dire. La situation m’échappait. Je n'étais pas médecin, n'avais d'ailleurs aucune notion de médecine, même vague, et la patiente ne pouvait communiquer, j’étais donc parfaitement inutile. Je finis par m’assoupir.

***

  • Monsieur ? Monsieur, ça va ? demanda une voix lointaine.

La sieste réparatrice, et imprévue du reste, venait d'être stoppée net. La jeune infirmière, très jeune et jolie soit-dit en passant, semblait surprise de voir qu'on pouvait s'endormir aussi facilement – et rapidement – au chevet d'un patient.

Gêné, je tentai de sauver la face en marmonnant des justificatifs plus ou moins crédibles que cette dernière ne se donna pas la peine d'écouter.

  • Souhaitez-vous un plateau repas pour ce soir ? proposa-t-elle.
  • Euh, je ne sais pas, et puis je ne peux pas rester. Je ne suis pas de la famille en fait, tentai-je.

Elle me répondit, étonnée :

  • Non, non ce n'est pas un problème, vous avez une dérogation spéciale, personne ne vous l'a dit ? Vous savez, elle a prononcé votre prénom. C'est très important vu sa pathologie. Vous êtes la seule et unique personne à laquelle elle a fait référence lors de son bref moment de conscience.  Le professeur qui va venir demain a été catégorique, vous êtes un lien important avec son esprit.  Et puis savez-vous que contrairement à ce que l'on pense, les personnes dans le coma entendent parfois ce qu'on leur dit ?
  •  Euh… ah oui ? Ben alors allons‑y pour le plateau repas, répondis-je peu convaincu.
  • Si vous avez envie de lui parler, n’hésitez surtout pas, insista-t-elle.
  • Lui parler ? Pourquoi pas…, rétorquai-je en me replongeant dans mes idées noires.

La situation était ironique, enfin si l'on peut dire. Habituellement, c'était elle la bavarde, c'était quasiment toujours elle qui prenait la parole en toutes circonstances. Ça ne m'avait jamais vraiment gêné, on a tous ses défauts, et ce retournement de situation était plutôt cocasse pour dire vrai.

La jeune infirmière ne prêtait déjà plus attention à l'adolescent perdu que j’étais. Elle termina d'ajuster la perfusion et s'en alla discrètement. La soirée s'annonçait des plus tristes.

Le temps s'écoula alors lentement, très lentement, dans un silence qui n'était troublé que par le son du moniteur de pulsations cardiaques et celui d'un violent orage qui s'annonçait.

Quelques gouttes de pluie commençaient à dévaler la grande et unique fenêtre et des grondements lointains se faisaient entendre.

L'heure du repas arriva, et le plateau avec elle.

La viande avait un drôle de goût, les haricots verts étaient suspects, la routine pour un établissement hospitalier, quoi. Je n'avais pas vraiment faim à vrai dire, mais qu'importe, pour tout dire manger m'occupait.

Je levai machinalement la tête et aperçus une petite télévision en veille. Je n'y avais pas fait attention en arrivant tout à l'heure. Mais il est vrai que j’étais tellement troublé, qu'il y aurait pu y avoir un baby-foot au milieu de la pièce, je ne l’aurais pas remarqué.

Je cherchai du regard dans les environs la télécommande indispensable sans succès. Je me levai en me disant qu'une recherche approfondie s'imposait ; ma colocataire peu bavarde m'obligeait à chercher des distractions là où je le pouvais.

Les recherches s'avérèrent infructueuses, le maudit accessoire électronique introuvable. Je me décidai alors à installer le lit pliable, enfin … si on peut appeler cela un lit.

L'engin me résista une dizaine de minutes quand enfin, ô merveille, il daigna s'ouvrir, non sans émettre un bruit bizarre, un grincement improbable. Je m'allongeai lourdement. J’avais envie de pleurer.

Dire que la situation m’échappait était un doux euphémisme. J’étais fatigué, mais je savais d'ores et déjà que je n’n'arriverai pas à dormir beaucoup cette première nuit.

Il fallait se rendre à l'évidence, il allait y en avoir beaucoup d'autres et je me demandais comment j’allais gérer cette situation aussi soudaine que traumatisante. Je sortis mon portable de la poche de ma veste et, en guise d'occupation, commençai à le manipuler nerveusement.

Le gadget électronique m'absorbait déjà depuis un long moment quand j’entendis deux coups brefs frappés à la porte. Je répondis machinalement par l'affirmative.

La porte s'ouvrit et laissa apparaître une jeune et jolie adolescente brune qui semblait avoir une quinzaine d'années tout au plus, elle affichait un grand sourire. Je lui demandai aimablement :

  • Bonjour, est-ce que je peux vous aider ?

La réponse fut surprenante :

  • Non, c'est moi qui suis là pour vous, répondit-elle d'un ton assuré.

Mon intonation se durcit soudain. La situation de mon amie n'était déjà pas très agréable, sans qu'une inconnue vienne la perturber un peu plus :

  • Je ne comprends rien à ce que vous me racontez. Vous ne faites manifestement pas partie du personnel et en plus vous passez en dehors des heures de visites. Et je sais de façon certaine que vous n'êtes pas une amie de Claire !
  • Tout à fait exact ! Je m’appelle Sophie et je suis là pour vous aider.
  • Euh ? Oui…à quoi ? demandai-je perplexe.
  • Mais c'est évident, à entrer en communication avec elle !

Voilà, j'espère que vous avez aimé.

J'attends vos retours.

Christophe.

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Christophe. Administrateur.

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18 Commentaires

  • Bonjour Christophe,

    Ca pour le coup, je dirais que cette histoire est un peu différente des précédentes par son commencement et par l’histoire assez triste, mais qui n’est pas pour me déplaire, même si en tant que soignant moi même, ça me rappelle des souvenirs de patients en réanimation Cardiaque.

    Je dois avouer que j’ai eu la larme en découvrant que l’histoire se passait en milieu hospitalier et qu’il s’agissait d’une jeune personne dans le coma.

    J’attends la suite avec impatience…

    Alain