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CTRL ALT SUPPR : Chapitre 5. L’interminable attente.

Un adolescent achète un ordinateur d’occasion en panne, voilà une intrigue des plus quelconques. Sauf que quand l’épave technologique se révèle posséder des facultés disons hors normes, on peut du coup légitimement penser que l’on ne va pas s’ennuyer à la lecture de cette aventure, non ? Ce qui est sûr c’est que vous ne regarderez plus votre ordinateur de la même manière, vraiment plus.

 

Chapitre 5.

L’interminable attente.

 

17 : 58 : 42

Que pouvions-nous faire d’autre ?

L’énigmatique compte à rebours, qui allait se terminer vers 4 heures du matin, nous hypnotisait littéralement.

Certains auraient peut-être éteint le maudit ordinateur, tapé sur n’importe quelle touche du clavier ou tenté toute autre manipulation.

Mais non, nous, nous restions bien sagement là, immobiles, tels des spectateurs voulant connaître à tout prix la fin du film.

Le petit problème est que nous avions accessoirement, comme j’aimais à le dire souvent avec ironie, des cours cet après-midi-là.

Nous devions remplir nos obligations lycéennes d’autant plus qu’il ne servait à rien d’attendre vu la fin tardive du mystérieux décompte.

La bonne nouvelle est que vu l’heure nous devions d’abord passer par la cafétéria, je ne manquais jamais un repas, estomac sur pattes que j’étais.

Nous nous sommes alors dirigés sans entrain vers notre lycée en prenant le sacro-saint tramway. Non, pas de course à pied ce coup-ci, nous réservions nos performances sportives pour nos déplacements mystères…

Nous étions montés dans une rame bondée en cette fin de matinée.

Je détestais me retrouver telles des sardines dans une boîte de conserve, cette expression faisait d’ailleurs rire à tous les coups Emma, bon public en vérité.

Je dus donc supporter cette promiscuité étouffante et c’est avec une joie indescriptible que je descendis tout en mettant les mains dans mes poches, vérification devenue systématique et machinale, souvenir douloureux d’un pickpocket, et là surprise, je trouvai un papier qui ne m’appartenait pas !

Emma se rendit compte tout de suite de mon étonnement, il est vrai que mon visage a toujours été particulièrement expressif. Elle me questionna donc :

  • Qu’est-ce qui t’arrive ? T’as l’air d’une poule qui a trouvé un couteau. Rit-elle de bon cœur.

C’est avec perplexité que je lui répondis :

  • J’ai trouvé ce drôle de papier plié en quatre dans ma poche, je ne sais pas ce que c’est !

Ce fut autour de l’interlocutrice de se retrouver à la place de la fameuse poule. Mais la surprise rapidement passée, elle répondit surexcitée :

  • Mais mince alors ! T’attends quoi pour l’ouvrir ? !

Oui, sa réflexion était pleine de bon sens, mais à ce moment précis j’en étais encore à essayer de deviner qui avait bien pu me glisser la missive dans la poche.

J’exécutai donc l’ordre de la demoiselle, et ouvris délicatement ce mot écrit sur un petit bout de parchemin où l’on pouvait lire ces mots écrits avec une calligraphie parfaite :

Le rendez-vous de cette nuit vous ne manquerez point.

De la plus haute importance il sera.

La signature était bizarre, mais bon, nous n’en étions plus à une découverte insolite près. 

Le mystère s’épaississait comme dirait l’autre.

14 : 54 : 32

Les aliments variés et diététiques du self n’avaient exceptionnellement pas trouvé grâce à mes yeux ce midi-là.

J’étais plongé dans mes pensées, très songeur et agacé. Mais à ma grande surprise Emma était, elle, aux anges. Elle adorait manifestement la tournure que prenaient les événements et c’est avec un large sourire qu’elle me demanda à la fin du repas :

  • On se retrouve ce soir vers 20h ? Qu’est-ce que t’en penses ? On mangera un morceau et on attendra de voir ce que nous réserve la fin du décompte !

J’acquiesçai sans un mot avec un peu de réticence. Je n’arrivais pas à comprendre cette réaction féminine incohérente, surtout venant de quelqu’un qui était connu pour sa méfiance naturelle.

De mon côté j’étais toujours en train de me demander si c’était bien la réalité ou si j’allais enfin me réveiller.

La journée semblait ne pas vouloir se terminer ce jour-là. Les explications des professeurs semblaient incohérentes, vides de tout sens, je n’arrivais vraiment pas à me concentrer.

08 : 35 : 37

Lorsque je suis enfin rentré chez moi, un petit mot des parents m’expliquait qu’ils s’offraient une petite soirée en amoureux, resto + ciné, et je dois dire que cela tombait à pic !

Emma déboula un peu avant 20h. Manifestement toujours dans un état d’excitation, comme le serait une groupie venant voir le spectacle de son idole.

Pour ma part c’était le statu quo, je me demandais toujours ce qui allait se passer. Je n’arrivais pas à partager la joie de ma meilleure amie.

J’avais l’impression que nous étions manipulés depuis le début, et cela ne me plaisait pas du tout, habitué que j’étais à tout contrôler dans ma modeste existence.

Je ne pressentais pas de danger particulier, mais c’était comme prendre un train sans connaître la destination, une expérience déstabilisante.

03 : 44 : 28

Il était un peu plus de minuit. Nous avions avalé quelques sandwichs et sodas, et, non, ne souriez pas, regardé un épisode de la saga Star Wars…

Il restait encore quelques heures avant la fin du décompte et la fatigue commençait à se faire sentir.

J’ai failli à plusieurs reprises proposer à Emma de la raccompagner chez elle, trouvant cette situation pour le moins grotesque.

Mais je ne pouvais m’y résoudre, je ne voulais pas rester seul. Sa présence me rassurait sur ma santé mentale. Je n’avais pas pu inventer tous les événements qui s’étaient succédé depuis la semaine précédente.

Bien que la curiosité nous ait maintenu éveillés, nous nous sommes finalement assoupis à un moment donné, je ne saurais pas dire quand exactement.

01 : 28 : 21

Je me réveillai un peu plus tard, déçu de constater que nous n’étions pas encore arrivés à l’heure cruciale. Je bus un verre d’eau tout en fixant l’écran rétroéclairé bien décidé à veiller… et m’assoupis à nouveau…

00 : 14 : 07

Emma se réveilla en sursaut. Elle avait manifestement fait un cauchemar, ce qui lui arrivait rarement. Toujours est-il que c’est grâce à elle que j’ai pu être sorti de ma torpeur avant l’arrivée du décompte final.

00 : 03 : 01

L’excitation commençait à monter. Si je n’avais pas été aussi impliqué dans cette aventure, je nous aurais trouvé ridicules d’attendre bêtement à quatre heures du matin devant un compte à rebours…

00 : 00 : 45

On tenait le bon bout. Emma avait conservé son magnifique sourire et moi mon air dubitatif. Nos deux paires d’yeux étaient rivées sur l’écran.

00 : 00 : 03

Qu’allait-il se passer ? La maison allait exploser ? Le ciel allait s’ouvrir en deux ? Des lutins allaient apparaître ? Supertramp allait se reformer ? Le suspense était à son comble.

00 : 00 : 00 

RIEN ! 

Nous nous sommes regardés interloqués. La déception était palpable.

J’avais l’impression que l’on nous avait joué un mauvais tour. Je n’avais pas envie de débriefer la situation, ce qui était manifestement aussi le cas d’Emma qui demeura silencieuse. Je proposai donc de raccompagner mon binôme chez elle, à quelques pâtés de maison.

Nous sommes passés sans bruit devant la chambre de mes parents qui devaient être rentrés depuis belle lurette.

Nous remontions la rue proche de la maison d’Emma, quand elle me fit cette drôle de réflexion :

  • T’as vu ce bâtiment ? Je ne me souviens pas l’avoir vu auparavant…

Je me préparai à lui répondre un délicieux et cinglant ‘ décidément la gent féminine n’a pas le sens de l’orientation ‘ quand je me dis que tout compte fait cette remarque n’était peut-être pas aussi ridicule que cela… car le doute s’installait.

Je me mis à explorer dans un silence monacal cette rue que je pensais connaître par cœur, mais je n’arrivais pas à me repérer, le nom correspondait bien, mais pas la totalité des habitations.

Je regardai alors droit dans les yeux Emma qui semblait tout aussi perdue que moi en lui annonçant le verdict :

  • Je crois que tu as raison, je ne reconnais plus rien, on est comme qui dirait perdus…

 

Chapitre 6 : Perdus…chez Nous.

Les autres chapitres de Ctrl Alt Suppr sont accessibles ici.

 

Qu’avez-vous pensé de cette cinquième partie ?

Avez-vous toujours envie de connaitre la suite ? :yes:

J’attends vos retours avec intérêt, n’hésitez pas à me faire toutes les remarques que vous souhaitez, même négatives, on apprend tous les jours de ses erreurs.  ;-)

À bientôt !  :bye:

Christophe.

19 Commentaires

  • Superbe suite à cette aventure !!
    J’aimerais tant trouver un PC comme celui ci !!
    Ça me rappelle le film Electronic dream ou elecric dream, ou un type avais renversé du champagne sur un ordinateur et celui ci devenais super intelligent !! Je conseille d’ailleurs à tous de re-découvrir ce film des années 80 qui préfigurais déjà les technologies dont nous sommes aujourd’hui entourées !!!

    Vivement la suite de l’histoire !

  • :bye: Christophe,

    Cela devient de plus en plus excitant, mais que va t’il arriver ?
    Plus il y a de chapitres, plus ça devient troublant je trouve.
    Vivement la suite !!!

    Maintenant à chaque fois que je fais « CTRL-ALT-SUPP » je pense à ton roman :yes:

    Béatrice

    • Hello Béatrice,

      content que le plaisir de lire soit toujours au RDV.

      Maintenant c’est vrai, on ne sait pas ce qui peut se passer quand on fait CTRL ALT SUPPR…;o)

      Christophe.

  • Bonjour Christophe,

    Je suis toujours ces aventures avec beaucoup d’intérêt, mais je dois dire que je me sens un peu comme tes héros, c’est-à-dire un peu perdu !
    j’ai beau y penser, je ne vois absolument pas où tout cela va les mener.
    Le mystère reste entier ! :unsure: :unsure:
    J’ai hâte de poursuivre cette lecture :good: :good:

    • Hello Azamos,

      Oui c’est ce qu’il y’a de plus dur à faire vivre aux lecteurs, c’est l’immersion.

      Lorsque j’ai un doute sur un paragraphe il m’arrive de le lire à haute voix pour me rendre mieux compte de son effet.😀

      Christophe.

    • Hello Sylvie,

      je suis content de t’avoir procuré un petit moment de détente.

      C’est le but de cette histoire vous permettre de vous évader.😀

      Christophe.

  • bonjour
    et, un de plus: je m’emmêle les les crayons….suis un peu comme les héros de ce feuilleton qui rebondit de chapitre en chapitre.
    j’ai une solution mais elle me parait vaseuse, l’avenir nous le dira……
    j’ai l’impression qu’ils ont été transporté dans un monde parallèle via l’ordi et ils se retrouvent perdu en attendant de trouver de nouvels indices, qui leur permettront de revenir et de trouver la solution a cette énigme.
    voilà je sais c’est ridicule mais bon…..
    en attendant la suite je me perds en conjonctures
    vivement dimanche pour une suite non moins palpitante et mystérieuse.
    salutations.

  • Salut ,

    j’attends le dénouement pour savoir si on peut encore acheter des ordinateurs d’occasion sans risque !!! :scratch:

    • Hello Grey Cat,

      acheter un ordinateur d’occasion c’est possible, du moment que tu ne tombes pas sur celui de CTRL ALT SUPPR…;o)

      Christophe.

  • bonjour à tous, c’est le lieutenant Columbo de la Brigade Informatique….

    ça me trouble ct’histoire, m’sieur……….
    c’est à rien y comprendre : un bâtiment qui fait surface juste après le décompte, c’est bizarre……..

    juste un p’tit détail m’sieur…….ces gentils ados soupçonnent d’être manipulés…..et c’est ça qui m’chiffonne…………..par qui ?

    • Hello Lasyce,

      content de voir que tu es toujours sous le charme…:o)

      Je profite de ton commentaire pour informer les lecteurs que tu me proposes des corrections à posteriori des chapitres publiés, je la remercie donc. ;o)

      Christophe.

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