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Plongez dans les profondeurs de l'histoire de l'informatique avec cette vidéo et cet article sur un objet devenu mythique : la disquette.
De ses débuts anecdotiques à sa lente disparition, suivez l'évolution de ce support de stockage qui a marqué plusieurs générations.
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Vidéo explicative
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La disquette : une icône du passé (et du bouton "Enregistrer")
Avant l'avènement des CD-ROM et des clés USB, il existait une relique informatique omniprésente, un carré souple aux angles arrondis qui contenait le savoir, les jeux et les bilans comptables du monde entier : la disquette.
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Sans elle, de nombreuses machines n'étaient que de simples briques.

Voici son histoire, parsemée de détails techniques et d’anecdotes.
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Des cartes perforées aux bandes magnétiques : les ancêtres du stockage
Bien avant de glisser un disque dans un lecteur, l'informatique communiquait grâce à des cartes.
Les cartes perforées, apparues dès 1801 avec les métiers Jacquard, sont les ancêtres de la programmation.
Chaque trou était une instruction, activant une aiguille, une perceuse ou même une note de musique.
IBM, spécialiste des grosses machines automatisées, a bien sûr réutilisé ces cartes pour ses premiers ordinateurs.
On pouvait stocker environ 80 caractères par carte.

Un programme complet nécessitait souvent un carton entier de cartes.
Imaginez le cauchemar si le carton tombait : il fallait tout remettre en ordre !
Parallèlement, les bandes magnétiques faisaient leur apparition.

Longues, lentes, elles pouvaient permettre cependant d'avoir un stockage bien plus important, mais leur coût était nettement plus élevé.

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La naissance de la disquette : le "floppy" original
C'est en 1971 qu'IBM invente la première disquette : la 8 pouces, (par l'équipe d'Alan Shughart) initialement destinée à charger le microcode de ses mainframes.
Au départ, il s'agissait d'un simple disque souple, rapidement doté d'une pochette en plastique pour le protéger et faciliter son transport.
Sa capacité initiale était de seulement 80 Ko, ce qui ne représente même pas une photo JPEG aujourd'hui.
Elle a progressivement évolué pour atteindre 2 Mo dans les années 80.
À titre de comparaison, une disquette de 8 pouces était un peu plus grande qu'un 45 tours, une taille considérable pour l'époque.
Rapidement, elle est devenue le symbole de l'informatique de bureau naissante.
Cependant, à ses débuts, elle était principalement utilisée en entreprise par IBM pour envoyer des mises à jour à ses clients ; la majorité des gens n'en avait jamais vu.
Son nom anglais, "floppy", vient de sa souplesse caractéristique, un nom qui lui est resté.
On la retrouvait principalement sur les grosses machines de type "mainframe" et mini-ordinateur, pas vraiment sur les micro-ordinateurs.

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La révolution compacte : la disquette 5,25 pouces
L'année 1976 marque un tournant avec l'introduction par Shugart Associates (société créée par Alan Shughart, une fois qu'il avait quitté IBM) de la disquette 5,25 pouces, à la demande de Wang Laboratories, qui trouvait les modèles 8 pouces trop encombrants et coûteux pour leurs ordinateurs de bureau.
Cette nouvelle disquette a véritablement révolutionné le marché.
Elle est devenue le format standard pour les premiers ordinateurs personnels, notamment avec la célèbre trinité des micro-ordinateurs : l'Apple II, le Commodore PET et le TRS-80.

Elle servait à stocker des Systèmes d'Exploitation, des logiciels et à échanger des données.
Ses capacités ont varié, de 100 Ko au début à 1,2 Mo pour les versions haute densité.

À cette époque, presque chaque constructeur avait sa propre implémentation de lecture/écriture sur les disquettes.
Entre le nombre de secteurs et la méthode d'enregistrement des données (FM/MFM, RLL) il était souvent impossible de lire une disquette créée sur une machine d'un autre fabricant.
C'était un véritable casse-tête pour l'interopérabilité !
Ces disquettes étaient également très fragiles. Elles se pliaient facilement dans un sac et étaient extrêmement sensibles aux champs magnétiques.
Pour les protéger en écriture, il suffisait de placer un morceau de ruban adhésif sur l'encoche latérale.
Il existait des disquettes simples, doubles, quadruples et haute densité.
Bien qu'elles semblent identiques, le matériau du disque était légèrement différent.
Tenter d'y stocker plus (ou moins) de données que prévu pouvait entraîner des problèmes de lecture ultérieurs.

Sur les PC compatibles, les lecteurs sont passés de la double densité à la haute densité avec l'IBM AT en 1984, augmentant la capacité de 320/360 Ko à 1,2 Mo.
Les têtes de lecture des nouveaux lecteurs étant beaucoup plus fines, relire correctement des disquettes double densité enregistrées sur un lecteur haute densité pouvait être compliqué, les machines type 286 avait quelquefois le lecteur principal A : en 1.2 Mo HD et le lecteur secondaire B : en 360 Ko.

Ces disquettes étaient souvent le seul moyen de stockage sur les machines de l'époque.
Certaines machines ne pouvaient même pas démarrer sans leurs disquettes Système.
De plus, chaque programme émettait un bruit caractéristique lors de son chargement, permettant parfois de détecter un problème au son avant même l'apparition d'un message d’erreur.
J’entends souvent que la cassette audio était utilisée avant la disquette, cela a toujours été un stockage utilisé en parallèle, les lecteurs de disquettes coûtaient souvent plus chers que l’ordinateur, alors que les magnétophones étaient partout et bon marché, mais peu pratiques pour la lecture de programme.
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L'ère de la compacité : la disquette 3,5 pouces
Au début des années 80, les micro-ordinateurs se démocratisent. L'informatique sort des laboratoires pour devenir un outil quotidien.
Cependant, les disquettes 5,25 pouces, souples et volumineuses, restaient fragiles.

Il était temps de trouver mieux. Plusieurs formats se sont affrontés, du 4 pouces au 2,8 pouces, chacun promettant plus de solidité et de capacité, mais sans jamais s'imposer comme un standard.
En 1984, deux formats se sont distingués. D'un côté, le 3 pouces de Mitsubishi, adopté par Amstrad et Oric. De l'autre, le 3,5 pouces de Sony : rigide, avec une coque en plastique dur, un volet métallique et un petit loquet de protection contre l'écriture.
Sony avait une ambition claire : en faire le nouveau standard mondial.
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Leur stratégie a payé. Quand Apple a équipé son premier Macintosh du lecteur 3,5 pouces, suivi par IBM sur son célèbre PS/2, le match était plié. La disquette 3,5 pouces est devenue la nouvelle norme.
Les premières versions stockaient 400 Ko en double face. Rapidement, on est passé à la double densité (720 Ko), puis à la haute densité (1,44 Mo), et enfin à l'ultra-haute densité (2,88 Mo, bien que rare).
Des disques magnéto-optiques de 20 ou 40 Mo ont même vu le jour dans le même format physique, faisant de la disquette un véritable caméléon du stockage.


À l'arrivée de ce format, c'est aussi le moment où les foyers et les entreprises s'équipent massivement en ordinateurs personnels.
La disquette 3,5 pouces se retrouve partout : ordinateurs, synthétiseurs, appareils photo, machines-outils, automates industriels, Systèmes embarqués d'avions et de trains.
Malgré l'apparition de nouvelles solutions de stockage, personne ne voulait réellement changer, tant que ça fonctionnait.
Pourtant, à la fin des années 80, la disquette commençait à se faire trop petite. Les logiciels grossissaient, les graphismes explosaient, et les besoins augmentaient. De nouveaux prétendants sont apparus :
- Iomega avec ses disques Bernoulli, puis les célèbres Zip (100 Mo) et Jazz (jusqu'à 2 Go).
- Les disques magnéto-optiques, ultra fiables mais coûteux.
- Des formats rétro-compatibles comme le LS-120 ou le Sony HiFD, capables de lire les disquettes 1,44 Mo tout en offrant plus d'espace.

Mais rien n'a détrôné la disquette 3,5 pouces. Le Zip a séduit quelques professionnels, mais est resté cher et marginal.
Les autres sont tombés dans l'oubli. Le monde a continué à tourner sur ses 1,38 Mo.
Pour installer Windows 95, il ne fallait pas moins de 14 disquettes !
Pour Office 95, c'était 24 disquettes. Et pour Windows 98, la dernière version de Windows disponible au format disquette, il en fallait 34 !
Bien sûr, à cette époque, la plupart des gens achetaient de nouveaux PC avec un lecteur CD-ROM. Mais pour ceux qui n'en avaient pas, c'était la valse des disquettes.
Le CD enregistrable, puis la clé USB, finiront par balayer tout cela. Mais entre-temps, la disquette 3,5 pouces aura connu le règne le plus long de toute l'histoire du stockage amovible.

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La fin d'une époque… mais pas tout à fait
L'ironie de l'histoire, c'est que les disquettes, même les 3,5 pouces, restaient fragiles.
Moins que les 5,25 ou les 8 pouces, certes, mais un passage un peu trop proche d'un haut-parleur ou d'une vieille télévision suffisait à les démagnétiser.
Résultat : votre fichier découpé en 12 disquettes ? Il suffisait qu'une seule plante pour que tout devienne illisible. De quoi enrager !
Beaucoup ont poussé un soupir de soulagement lorsque les graveurs de CD sont devenus abordables à la fin des années 90.
Finies les piles bancales de disquettes, dont une tombait systématiquement en panne au pire moment.
Pourtant, les disquettes ont tenu bon. On les utilisait encore dans les années 2000 pour échanger des documents, mais aussi pour faire fonctionner de nombreuses machines industrielles.
Et dans bien des entreprises, on a continué à les employer… parce que ça marchait.
Une anecdote personnelle : mon dernier diplôme universitaire en informatique, fin 2008, demandait encore la remise des projets sur disquette.
Sony a arrêté la production en 2010. Mais certaines administrations japonaises les ont utilisées jusqu'en 2018.
Oui, vous avez bien entendu : 2018, dans un monde avec Netflix et la fibre !
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L'héritage de la disquette : entre musée et persistance industrielle
Que sont devenus les micro-ordinateurs qui les utilisaient ?
Jetés, ou pour les plus chanceux, sur une étagère de collectionneur. Mais les machines-outils, les synthétiseurs, les automatismes industriels ?
Certaines ont été remplacées, d'autres sont toujours là, fidèles au poste.
Pour ces cas précis, et pour les amoureux du rétro, des solutions existent.
Le Gotek, par exemple, est une sorte de lecteur de disquette moderne où l'on insère… une clé USB déguisée en disquette.

D'autres Systèmes comme le FloppyEmu ou le HxC offrent des fonctionnalités similaires.
Mais la situation est plus critique dans les trains et les avions.
On ne remplace pas un Système embarqué ferroviaire ou aérien tous les cinq ans comme un PC.
Installer un Gotek dans un avion est impensable sans homologation, car un bug en vol aurait des conséquences désastreuses.
Résultat : des entreprises comme Boeing et la Deutsche Bahn ont conservé un stock de disquettes neuves, de quoi tenir encore une décennie, le temps que toutes les anciennes machines partent à la retraite.
Aujourd'hui, il n'y a plus de production de disquettes ni de lecteurs intégrés aux ordinateurs.
Mais on trouve facilement des lecteurs USB 3,5 pouces sur internet. Attention toutefois : ces lecteurs sont limités.
Ils ne lisent que les disquettes haute densité, formatées PC, et ne peuvent pas tout récupérer.
Pour aller plus loin, il faut ressortir les bons vieux lecteurs d'époque et utiliser des outils comme Greaseweazle, qui permettent de lire le contenu au niveau le plus bas, bit par bit.
Une fois les données récupérées, libre à vous de les archiver ou de créer !
Certains transforment les disquettes en tableaux, d'autres en bijoux, et quelques passionnés les transforment même en instruments de musique.
Le Floppotron, ce chef-d'œuvre sonore composé uniquement de lecteurs de disquettes jouant du Daft Punk, en est la preuve.
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Pourquoi 1,44 Mo et non 2 Mo ? Une question de géométrie magnétique
Vous vous êtes peut-être déjà demandé pourquoi une disquette haute densité affichait souvent "2M" mais ne contenait que 1,44 Mo, voire 1,38 Mo.
En réalité, 2 millions d'octets est la capacité théorique maximale.
En pratique, c'est un peu plus complexe en raison de la façon dont la disquette est structurée.
Une disquette est découpée en pistes, secteurs et cylindres.
Le premier secteur contient les informations de démarrage (le fameux secteur de boot).
Une autre partie est réservée à la FAT (File Allocation Table), qui est une table de correspondance entre les fichiers et leur emplacement réel sur le disque.
C'est là que les choses deviennent intéressantes : chaque Système d'Exploitation avait sa propre façon de formater la disquette et d'utiliser l'espace.
- Une disquette double densité (DD) avait une capacité théorique de 1 Mo.
- Sur PC, elle stockait 720 Ko.
- Sur Mac, 800 Ko.
- Sur Amiga, 880 Ko, parce que l'Amiga était toujours un peu plus "rock'n'roll".
- Sur Thomson TO8, 640ko.
- Les disquettes haute densité (HD) pouvaient théoriquement contenir 2 Mo.
- Sur PC (MS-DOS), elles faisaient 1,38 Mo.
- Sur Mac, 1,4 Mo.
- Sur OS/2, on montait à 1,7 Mo.
- Et Microsoft, pour caser Windows 95 sur le moins de disquettes possibles (et limiter la copie), utilisait un format maison, le DMF : 1,6 Mo par galette.

Le reste de l'espace servait de marge de sécurité, pour que la disquette puisse être lue même si la tête de lecture était légèrement décalée.
Car oui, il fallait parfois recalibrer les lecteurs !
Si le décalage était trop important, il fallait sortir le tournevis et faire preuve de patience.
Régler la vitesse de rotation ou réaligner une tête de lecture était une tâche que certains passionnés maîtrisaient les yeux fermés.
Ce petit carré de plastique, qui a duré plus de 30 ans, a tout enregistré : nos premières lignes de code, nos photos pixélisées, nos CV en Times New Roman.
Aujourd'hui, il est devenu une légende… et un bouton "Enregistrer" que beaucoup n'ont jamais vu tourner en vrai.
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Christophe, Administrateur






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